16 juillet 2023 à 21:23
Après une saison réussie, Malherbe se prépare à la D3
La Ligue de Normandie de football a fait un article à l'occasion. Le 21 mai dernier, à domicile face à Thiberville, devant quelques centaines de spectateurs, dont une quarantaine du MNK96, les joueuses officialisent la montée par une énième belle victoire.
Le club, comme son entraîneur, Théodore Genoux, sont satisfaits de la saison (malgré une défaite en finale de Coupe de Normandie face à QRM, qui a prouvé la supériorité de ces dernières lors des confrontations directes). Ce dernier part "l'esprit tranquille" comme il l'a confié à SportàCaen.
Alors que des rumeurs, voire des contacts avancés avec des entraîneurs bien connus de la région et ancien de Malherbe (Franck Dechaume et Johan Gallon notamment) circulent, c'est finalement Chloé Charlot qui est nommée -à la surprise générale- coach de l'équipe pour la saison à venir.
Avec une expérience inexistante chez les seniors (si ce n'est en tant que joueuse) et un très jeune âge (24 ans), Chloé Charlot peut tout de même se targuer d'avoir suivi l'évolution de la formation depuis ses débuts (en U13, U16, et cette année U18 avec une belle montée en U19 national à la clef). Si ce choix ne fait pas l'unanimité au sein de l'équipe, il a le mérite d'être finalement plus consensuel que celui de l'un ou l'autre des deux entraîneurs pré-cités.
Il faudra à partir de la mi-septembre affronter ce tout nouveau championnat national de D3, contre des clubs allant de la frontière belge à la Vendée. Les Caennaises retrouveront des clubs affrontés en match amicaux ou officiels, comme le CA Paris, Croix-Blanche Angers, le Stade Brestois ou encore l'adversaire bien connu de Rennes qu'est le CPB Bréquigny. Il y aura également d'autres clubs issus de la R1 (Bourges Foot 18, l'ESTAC Troyes, Saint-Denis RC, le RC Roubaix Wervicq ou encore le SO Châtellerault) et ceux descendus de D2 (Brest et le CA Paris, mais aussi l'US Saint-Malo et l'ESOF La Roche-sur-Yon). A noter que le GPSO 92 d'Issy-les-Moulineaux, déjà relégué de D1 cette année, va finalement évoluer en R1 sur décision de la DNCG.
Si le niveau de cette D3 reste difficile à évaluer, il sera nettement supérieur à la R1, survolée par les Caennaises depuis 3 ans (46 victoires en 51 matches de R1) sans compter la R2 lors de la première saison (9 victoires en autant de matches, avant l'arrêt dû au Covid). Cela permettra aux joueuses d'enfin connaître un challenge sportif, pour le moment aperçu seulement en Coupe de France lors des éliminations contre des clubs supérieurs, et cette saison lors du duel contre les féminines de Quevilly. Et ainsi de mettre fin à l'ennui que pouvaient connaître les joueuses sur le terrain...
Ce défi sera à relever sans deux cadres de l'équipe, parties au Mans (D2) ; la défenseure Émilie Giffaut, pilier de la défense et coach des U16 cette saison, et Tracey Nkodia, buteuse du club depuis ces débuts (42 buts en 44 matches toutes compétitions confondues avec Caen).
Ces départs sont en partie dus à une (non)décision du club : le salariat et la contractualisation des joueuses.
Alors que certains clubs décident de payer leurs joueuses quelques centaines d'euros par mois (comme QRM cette saison en R1, ou comme Le Mans, et beaucoup d'autres clubs de D2) la question se pose. Cette demande des joueuses pour récompenser l'investissement demandé (avec un nombre d'entraînements par semaine conséquent, ainsi que des déplacements de plusieurs centaines de kilomètres chaque weekend à partir de la rentrée) n'est pas satisfaite en soi.
Mais le club propose un fonctionnement différent, en traitant l'effectif non comme un groupe professionnel, mais comme des sportives de haut niveau. Cela implique une aide pour trouver un emploi ou une formation par exemple ; mais surtout, l'idée est de trouver des partenariats avec des entreprises employeuses pour avoir un temps de travail détaché pour aller aux entraînements. Ainsi, la joueuse serait rémunérée de fait par son entreprise pour s'entraîner avec son club. Ce modèle est assez répandu dans le milieu sportif de haut niveau non-professionnel.
Olivier Pickeu a d'ailleurs décidé de renforcer cette possibilité, et le développement de la section en général, en requérant l'aide d'Olivier Linot, qui dans l'organigramme de la section est dédié à cette recherche de partenariat et au suivi de la vie professionnelles des joueuses, afin de leur garantir les meilleures conditions autour du foot pour faciliter leur investissement dans l'équipe. Cette stratégie de court terme pourrait suffire à jouer le maintien en D3, voire plus ; mais il sera difficilement viable à plus (ou moins ?) long terme lorsqu'il sera question de montée en D2.
Elle n'en rend pas pour autant le club moins attractif. La preuve en est que le mercato des arrivées est actif chez les Rouges&Bleues. Si le club a officialisé l'arrivée de deux joueuses, Gladys Celestra et Maïwenn Olivier, le magazine Foot Normand annonce lui une demi-douzaine d'arrivées supplémentaires.
Pour résumer, le club n'affiche pas des ambitions démesurées, ni des moyens pour viser une montée en D2 dès cette saison. Mais le développement de la section se poursuit pour cette cinquième saison d'existence, et Malherbe ne devrait pas s'arrêter de grandir, et le potentiel est considérable !
Crédit photo : SM Caen

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